JOURNÉE NATIONALE DE LA NON-VIOLENCE EN MILIEU UNIVERSITAIRE

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE L’UNIVERSITÉ FÉLIX HOUPHOUËT-BOIGNY  (09 novembre 2017) 

Les étudiants exhortés à cultiver la paix et la non-violence

 La célébration de la journée nationale de la non-violence en milieu universitaire a eu lieu le jeudi 09 novembre dernier à l’amphi A de l’UFHB, autour de ce thème « non-violence, paix et citoyenneté en milieu universitaire ». À l’occasion de cette commémoration,  le Pr Abou KARAMOKO, Président de l’UFHB, dans son allocution a égrené les manquements des étudiants qui sont des actes de désordre et de violence au sein du temple du savoir. Il les a également exhortés à tourner le dos à la pratique de la délectation morose.    

Ci-dessous l’intégralité de son message.

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 Cette rencontre sur la non-violence, ou plus exactement sur « la non-violence en milieu universitaire » n’est ni la première, ni sans doute, et malheureusement, la dernière du genre. Mais il est important de souligner qu’une rencontre de cette occurrence, nationale, en milieu universitaire, est la première.

 Cependant, parce qu’aujourd’hui, comme hier ou avant-hier, à mesurer l’ampleur du flot de comportements exécrables, de violences, de frustrations, de mécontentements que ces liaisons dangereuses de certains groupes d’étudiants, appelés faussement syndicats estudiantins, ne finissent pas de susciter notre ras-le-bol, que l’on a l’impression, et fort justement, que le serpent se mord la queue. Il est des moments en effet où elles sont indéniablement celles de trop. À tout le moins, celles du trop-plein : Assassinats, tortures physiques, blessures au couteau, à la machette ou au gourdin, locations de « gnabros », perturbations de règles académiques élémentaires sur le campus, rudoiements de vigiles auxquels ils arrachent leurs téléphones portables, violations de chambres en milieu universitaire… La liste est interminable et j’en oublie beaucoup.

Après dix (10), puis vingt (20) et près de trente (30) ans de violences de toutes sortes, non anonymes, dont des centaines voire des milliers de personnes ont été victimes de certaines inhumanités parfois, il est important de parler, d’en parler, de reparler, d’en reparler, pour peut-être réparer ce qui, moralement, physiquement et psychologiquement est abîmé.

Et pourtant, l’UNIVERSITÉ, majuscule, en Côte d’Ivoire, n’a jamais été aussi belle et aussi bien équipée comme elle l’est depuis la rentrée du « Départ nouveau » de septembre 2012. Elle porte fièrement ses illustres noms qui ont marqué, de façon indélébile et positivement surtout, il faut le préciser, la Côte d’Ivoire et son histoire : le patriarche Pèleforo Gon Coulibaly, Nangui Abrogoua, le sage d’Afrique, Félix Houphouët-Boigny, Fondateur de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ADO solutions, le bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne.

Ici et maintenant, finasser sur la brutalité des actes de violence commis çà et là, peut certainement sembler aussi déplacé que de s’indigner d’une main sur la figure méritée, après une main au cul non souhaitée, parce que nous célébrons la journée nationale de la non-violence en milieu universitaire. Mais si le choix de certains mots de cet imbroglio dérange, c’est parce que la non-violence de son intitulé n’est rien par rapport aux violences qui ont été ou qui sont subies et que j’entends mettre à mal. Bien sûr, ce n’est en rien demander qu’une raison de vouloir punir les « porcs » en appelle à l’instauration d’une « justice » de cochon. Heureusement que nous avons rompu avec l’ancien testament, c’est-à-dire avec le « dent pour dent, œil pour œil ». Retenez toutefois que quand l’on vous frappe sur la joue droite, ne tendez pas la joue gauche.

Ça sent les chrysanthèmes, et ce n’est pas de saison, avec le triomphe de la démocratie et de la liberté d’association chez nous aujourd’hui, même si le baudet désigné se nomme changement climatique. En effet, autant dans les cimetières, c’est la fête des morts, autant dans de nombreuses associations estudiantines, c’est la fête des moribonds, tout pâlichons, des ronchons-râleurs, des « transparents » opaques, qui font le contraire de ce qu’ils disent et vice versa ; parce que ces associations ont fait de la violence, leur choix consacré comme moyen de revendications, parfois saugrenues, pourtant dans un contexte de dialogue socio-politique soutenu.

Pour qui sonne le glas ? Pour ces amuseurs de meeting, qui se prennent les pieds dans le tapis, parce qu’ils réussissent mieux leurs sorties que leurs entrées, comme des cadors qui sortent de scène sans fleurs ni couronnes, quelques fois même avant la fin des préliminaires. Très souvent, lors de leurs rassemblements appelés meetings, les gros mots lancés par leurs leaders ne sont qu’une réécriture au marteau piqueur, de propos enivrants.

On le dit souvent, comme un leitmotiv, « L’avenir appartient à la jeunesse ». Soit ! Mais cette jeunesse dont il s’agit, pour parler terre à terre et d’un grossier, c’est celle qui est responsable, constructive, qui ne pousse pas à la rue, mais à la roue, pour aider à aller de l’avant, aux amphithéâtres et salles de cours (TD et TP), aux séminaires et colloques, pour ne pas plonger le pays dans une explosive mouise, évitant ainsi d’être des marcheurs qui risquent de marquer le pas. Zénon d’Élée, immobile à grands pas.

Chères étudiantes, chers étudiants, je me fais l’impérieux devoir, pendant qu’il est encore temps, de tirer la sonnette très forte, pour donner l’alarme afin d’arrêter le train avant l’accident. Cessez de pratiquer ce que, dans le milieu catholique, comme dans les religions positives ou révélées (Islam et autres), on appelle la délectation morose : le péché consistant à dénoncer une chose tout en s’y complaisant.

                                      Le Président de l’université Félix Houphouët-Boigny

                                                   Le Professeur Abou KARAMOKO

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