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Gouvernance numérique en Afrique

Professeur DION Yodé Simplice milite pour une intelligence artificielle régie par l’éthique

La salle de conférences de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), sis au sein du Centre Hospitalier Universitaire de Cocody, a accueilli, ce jeudi 2 juillet 2026, une conférence scientifique sur le développement responsable de l’Intelligence Artificielle. Placée sous le thème « Intelligence artificielle et recherche scientifique : opportunités, défis et enjeux éthiques  » , la rencontre a réuni chercheurs, universitaires, professionnels de santé et partenaires institutionnels dans la perspective de promouvoir une gouvernance éthique de l’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines.

Au cœur des échanges, la conférence inaugurale prononcée par Professeur DION Yodé Simplice, Vice-président de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) en charge de la Planification, de la Programmation et des Relations extérieures. Son intervention, relative à « l’éthique, la régulation et les politiques publiques de l’IA en Afrique », a offert une lecture approfondie des défis que soulève l’essor de l’intelligence artificielle sur le continent.

Le Professeur DION Yodé Simplice a mis en perspective les grands défis de la régulation de l’intelligence artificielle en Afrique. Son analyse a notamment porté sur la gouvernance des données, la souveraineté numérique, la protection des droits fondamentaux ainsi que la nécessité d’élaborer des politiques publiques capables d’accompagner le développement technologique sans compromettre les libertés individuelles.
Pour l’universitaire, la véritable question ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la qualité des mécanismes de gouvernance qui l’encadrent. « L’intelligence artificielle ne constitue pas une menace en soi ; tout dépend du cadre de gouvernance que nous mettons en place. L’Afrique doit être actrice de son destin numérique en développant une intelligence artificielle fondée sur ses réalités, ses valeurs et ses priorités de développement », a-t-il soutenu.

Le Vice-président de l’UFHB a, en définitive, appelé à une mobilisation concertée des universités, des pouvoirs publics, des centres de recherche, du secteur privé et des partenaires internationaux afin de construire un écosystème africain de l’intelligence artificielle conciliant innovation scientifique, régulation efficace et intérêt général.

Le président du Comité d’éthique institutionnel de l’IPCI, Professeur TOURE André, a évoqué le contexte de la tenue de cette rencontre scientifique, à savoir : encourager une recherche d’excellence tout en favorisant une intégration responsable de l’intelligence artificielle dans les pratiques scientifiques et médicales.

Quant au Directeur de l’IPCI, Professeur MEITE Sindou, il a fait remarquer en substance, que les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle imposent une réflexion collective sur leur encadrement.

Désiré BEUGREHI GNACKABY, Spécialiste de programme à l’UNESCO en Côte d’Ivoire, a indiqué que l’intelligence artificielle constitue désormais un catalyseur de transformation dans des secteurs aussi décisifs que la santé, l’éducation ou encore les interactions sociales. Il a présenté les initiatives conduites par l’institution onusienne en faveur d’une intelligence artificielle fondée sur les droits humains, notamment la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle, adoptée en 2021 par les 193 États membres de l’organisation.
Pour aller à l’intelligence artificielle, a t-il fait affirmé, il faut trois choses : les hommes, les données et le capital qui va permettre d’investir dans l’intelligence artificielle », a-t-il résumé.