La Côte d’Ivoire lance son premier concours national d’internat
L’histoire de la formation spécialisée en odonto-stomatologie en Côte d’Ivoire s’est enrichie, ce lundi 28 septembre 2026, d’un chapitre inédit. À l’amphithéâtre B de l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) Odonto-stomatologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny ( UFHB ), autorités universitaires, responsables administratifs et sanitaires ont donné le coup d’envoi de la première édition du concours national d’internat en odonto-stomatologie , session 2025-2026 .
Pour cette session inaugurale, 38 candidatures ont été validées pour 20 postes budgétaires . Un ratio qui confère à cette première sélection une dimension à la fois académique et institutionnelle, dans un domaine où la disponibilité de spécialistes constitue un enjeu important pour la prise en charge des affections bucco-dentaires.
Pour Professeure Aline SINAN-KRA, Directrice de l’ UFR odonto-stomatologie , l’événement dépasse le seul cadre d’un concours académique. Il constitue un jalon dans l’histoire de l’institution et, plus largement, dans celle de la formation odontologique nationale. « C’est une date qui marque durablement l’histoire d’une institution. Pour la première fois, notre pays franchit l’étape décisive avec l’organisation d’un concours d’internat en odonto-stomatologie » , a-t-elle affirmé .
À travers cette nouvelle voie de spécialisation, l’ambition affichée est de favoriser le développement des compétences spécialisées et de contribuer au renforcement des ressources humaines nécessaires au système de santé.
La Directrice de l’UFR a également établi un lien entre la formation de spécialistes sur le territoire national et la capacité du pays à répondre à ses propres besoins sanitaires. « Former ici, sur notre propre territoire, les spécialistes dont la Côte d’Ivoire a besoin, c’est aussi renforcer notre souveraineté sanitaire » , a-t-elle ajouté .
Aux candidats, elle a lancé un appel à la rigueur, à l’humilité et à l’intégrité, autant de valeurs appelées à accompagner leur parcours professionnel.
Présidente du Comité d’organisation, Dr BITTY Marie Josèphe, Directrice des Etablissements Privés et des Professions Sanitaires (DEPPS) au ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle , a souligné la coopération entre les différents acteurs institutionnels engagés dans la mise en œuvre du concours. La collaboration entre les ministères de la Santé , de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et l’UFHB, a-t-elle indiqué, témoigne d’une volonté commune de promouvoir l’excellence et de renforcer les compétences dans le secteur sanitaire. Elle a surtout rappelé les exigences attachées au processus de sélection à savoir l’équité, la transparence et l’impartialité. Des principes dont la portée dépasse le seul cadre administratif, puisqu’ils constituent des garanties essentielles de la crédibilité d’un concours national.
Représentant le Président de l’UFHB , Professeur BALLO Zié , Professeur SANGARE Abdoulaye , Vice-Président en charge de la Recherche et de l’Innovation technologique , a invité les candidats à aborder l’épreuve avec sérénité. « Je voudrais encourager ces 38 candidats, qui sont pour moi 38 braves candidats qui acceptent d’être les pionniers de ce concours en Odonto-Stomatologie », a-t-il déclaré .
Le caractère inaugural de cette session confère en effet aux candidats une responsabilité particulière. Non pas celle de bénéficier d’un quelconque privilège, mais celle d’ouvrir un dispositif appelé à accueillir d’autres générations de futurs spécialistes.
Le représentant du président de l’Université les a ainsi exhortés à faire de l’intégrité, de la responsabilité et du respect du patient les fondements de leur future pratique professionnelle.
La composition du jury a été présentée par Professeure BEUGRE KOUASSI Lydie , enseignante chercheuse en Chirurgie dentaire et présidente du comité d’internat . Le jury est présidé par Professeur KOFFI N’GORAN Justin , Directeur général de l’Autorité de Régulation du Système de Récépissé d’Entreposage (ARRE) .
La présentation des membres du jury a constitué une séquence importante de la cérémonie, le sérieux d’un concours de cette nature reposant notamment sur la régularité de son organisation, la clarté des règles qui le régissent et l’impartialité de l’évaluation.
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique , Professeur Adama DIAWARA, Professeure GNAGNE-KOFFI Yollande , Conseillère technique , a situé la réforme dans une perspective plus large. « L’instauration de cet internat répond à trois défis majeurs : le défi de la qualité des soins, celui de la souveraineté en formation et celui de l’équité » , a-t-elle relevé .
L’enjeu consiste notamment à permettre à la Côte d’Ivoire de développer sur son propre territoire les compétences spécialisées dont son système de santé a besoin, tout en veillant à ce que l’accès à la formation repose sur des critères de mérite.
L’ouverture officielle du concours a été effectuée par Dr Soltié Aminata COULIBALY-KONE , directrice de cabinet adjointe , représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle , Pierre N’Gou DIMBA . « Pour cette première édition, 38 candidats ont été choisis pour 20 postes budgétisés. Ce n’est pas un concours de masse, mais un concours de qualité » , a-t-elle soutenu .
Aux candidats, elle a également rappelé que leur statut de pionniers ne saurait constituer un avantage dans la sélection, les conditions du concours valorisant ainsi l’exigence d’équité.
« En ouvrant ce concours, nous ne lançons pas seulement une compétition académique, nous posons la première pierre d’une filière de spécialistes ivoiriens, formés chez nous pour soigner chez nous. C’est pour cette raison que ce concours est transparent et équitable car seuls le travail et le mérite compteront » , a-t-elle conclu.
