La Côte d’Ivoire mobilise l’expertise régionale pour préserver un patrimoine menacé
Le ministère de la Culture et de la Francophonie, en collaboration avec l’Office Ivoirien du Patrimoine Culturel (OIPC), organise, du 7 au 9 octobre 2026, à l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), le 2e Séminaire régional et cours technique sur les architectures de terre et les effets du changement climatique.
Cette rencontre, qui associe le Centre de Recherche Architecturale et Urbaine (CRAU), ouvre un espace de réflexion scientifique, technique et institutionnelle sur la sauvegarde d’un patrimoine architectural particulièrement exposé aux mutations environnementales.
Réunis à l’amphithéâtre A du District de l’UFHB, experts, chercheurs, architectes, professionnels du patrimoine et acteurs du secteur culturel mettent en commun leurs connaissances et leurs expériences autour d’une préoccupation devenue incontournable : comment préserver et valoriser les architectures en terre, face à l’intensification des effets du changement climatique ?
Les travaux ambitionnent de promouvoir une approche globale associant savoirs traditionnels, innovations techniques, recherche scientifique et stratégies d’adaptation. Les échanges portent notamment sur les techniques traditionnelles et actuelles de construction en terre, la conservation du patrimoine architectural ainsi que les mesures susceptibles de renforcer la résilience de ces constructions face aux phénomènes climatiques.
À l’ouverture des travaux, le Président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Professeur BALLO Zié, a présenté cette deuxième édition comme un espace privilégié de formation, de dialogue et de coopération régionale autour d’un patrimoine dont la sauvegarde revêt un enjeu majeur pour les générations actuelles et futures. Pour le premier responsable de l’UFHB, l’architecture de terre ne saurait être réduite à un héritage architectural figé. Elle constitue, au contraire, a-t-il indiqué « une sagesse écologique et une intelligence collective » transmises au fil des générations. À ses yeux, ce patrimoine représente également une ressource pour l’avenir, à condition que les sociétés sachent en préserver les savoir-faire et en renouveler les usages.
Cette lecture rejoint les préoccupations scientifiques et opérationnelles portées par le CRAU. Son directeur, Dr (MC) TRAORE Porna Idriss, titulaire de la Chaire UNESCO sur les patrimoines architecturaux et urbains, a rappelé les liens étroits entre le CRAU et cette instance internationale dédiée à la connaissance et à la sauvegarde du patrimoine. Il a surtout insisté sur l’actualité de la problématique au cœur du séminaire à savoir la nécessité de préserver et de valoriser le patrimoine en terre dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique.
Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise REMARCK, Dr MOUSSO née ASSALE Véronique, a exprimé sa satisfaction de prendre part à cette rencontre consacrée au patrimoine en terre et à la résilience climatique. Elle a rappelé que le patrimoine en terre figure parmi les expressions les plus remarquables de la créativité, de l’ingéniosité et de la capacité d’adaptation des sociétés africaines à leur environnement. Mais cet héritage est aujourd’hui confronté à de nouvelles menaces.
La dégradation liée aux phénomènes climatiques, conjuguée à la fragilité intrinsèque de certaines constructions en terre et à la disparition progressive de certains savoir-faire impose, selon les différents intervenants, de repenser les mécanismes de conservation et de transmission.
La rencontre ne se limite toutefois pas aux échanges académiques et aux communications scientifiques. Elle connaîtra une prolongation pratique, du 12 au 31 octobre 2026, avec des cours techniques et des travaux de restauration dédiés à la mosquée de style soudanais Limamiso de Bouna.
