L’UFHB érige la recherche scientifique en catalyseur de résilience agricole
La question de la souveraineté alimentaire s’impose aujourd’hui comme un impératif indéniable pour les pays confrontés au changement climatique, à la fragilisation des systèmes de production et à la dépendance accrue aux importations. Dans cette approche, l’UFR Biosciences de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) co-organise , du 3 au 8 novembre 2026, la troisième édition du Salon de l’Agriculture de la Côtière (SACOT), à la salle des fêtes Albert Claude KACOU TIAPANI de la mairie de Dabou.
Cette rencontre scientifique réunit durant six jours, chercheurs, producteurs, éleveurs, partenaires institutionnels, acteurs économiques et représentants des communautés locales autour de la problématique : « Systèmes agroalimentaires durables et transformation rurale inclusive : quelles solutions pour la sécurité alimentaire, l’autonomisation de la femme et de la jeunesse en zone côtière ? ».
Saluant la tenue de cette activité le maire de Dabou YE GNANGNE Claude, a rappelé l’ancrage agricole de sa commune, notamment réputée pour ses productions de manioc et de palmier à huile. Il a insisté sur la nécessité de sensibiliser davantage les femmes et les jeunes aux opportunités offertes par l’agriculture et l’élevage.
Cette conviction rejoint l’ambition portée par les organisateurs du SACOT, qui entendent faire de la jeunesse et de l’autonomisation féminine des axes prioritaires de la transformation rurale. Commissaire générale de l’activité, TANOU LATH WRONG a exprimé sa reconnaissance aux partenaires et aux acteurs dont l’engagement contribue à la consolidation de cette initiative par le renforcement de la visibilité des producteurs et des éleveurs et l’essor du secteur agricole.
Pour le président du SACOT, Prof. Éric ESSOH AKPA, cette troisième édition prolonge une dynamique amorcée depuis 2021, fondée sur la mobilisation et l’engagement des agriculteurs et des éleveurs de Dabou et le partage des connaissances.
Président du comité scientifique, Dr (MC) KOUAMÉ KONAN Didié a mis en lumière les conséquences des changements climatiques et des perturbations des systèmes de production sur la sécurité alimentaire. Il a souligné l’urgence de promouvoir des solutions scientifiques susceptibles de renforcer la résilience des secteurs agricole et de l’élevage, tout en favorisant l’autonomisation économique des femmes et l’entrepreneuriat des jeunes.
Représentant à la fois, le président de l’UFHB, Prof. BALLO Zié, et le Directeur de l’UFR Biosciences, Prof. CHERIF Mamadou, le Vice-directeur de l’UFR Biosciences chargé de la Recherche, Prof. N’GUESSAN Jean David a réaffirmé l’engagement de l’institution universitaire en faveur d’une recherche scientifique au service des populations. Il a également relevé la dimension pluridisciplinaire des enjeux agricoles, qui mobilisent aussi bien l’agronomie et la biologie que l’économie, le droit foncier, l’environnement, la santé et la gouvernance locale.
« Je salue les efforts consentis du président de SACOT et ses collaborateurs ainsi que les représentants des institutions ministérielles et partenaires concernés. L’UFHB reçoit au sein de l’UFR, la quasi-totalité des champs du savoir. Cette diversité n’est pas une simple juxtaposition de facultés, mais plutôt un large éventail de domaines dont la complémentarité constitue un véritable capital d’intelligence collective pour répondre aux défis du développement rural », a-t-il déclaré.
Représentant le ministre des Sports, ADJE Silas METCH, le chef de cabinet, LATH SYRE Abion, a plaidé pour une amélioration durable des conditions de vie des populations rurales. Il a notamment préconisé le renforcement des infrastructures de conservation afin de réduire les pertes post-récolte et d’accroître la rentabilité des productions.
Parrain de cette troisième édition, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné KONE, à travers son représentant GALLA N’GUESSAN Célestin, Directeur régional de l’Agriculture des Grands Ponts a salué la pertinence du thème, en cohérence avec les orientations nationales en matière de développement agricole axées sur la préservation des sols, la gestion rationnelle des ressources en eau, la protection de la biodiversité, l’adaptation aux changements climatiques et la promotion des pratiques agroécologiques.
La souveraineté alimentaire, a-t-il été indiqué, suppose une maîtrise accrue des systèmes de production, de transformation et de distribution, afin de réduire la vulnérabilité du pays face aux perturbations des marchés extérieurs.
La conférence inaugurale, animée par le Directeur régional du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), Dr TRAORE Siaka, a mis en lumière les contraintes spécifiques de la zone côtière, pour ce qui est de la réduction des espaces agricoles et les mutations environnementales. Face à ces défis, le conférencier a exhorté les femmes et les jeunes à saisir les opportunités offertes par le salon pour renforcer leurs compétences et développer leurs capacités entrepreneuriales. Il a surtout défendu une professionnalisation renforcée du secteur agricole, une meilleure adéquation entre la formation et les réalités économiques, ainsi qu’une revalorisation du statut social de l’agriculteur.
