L’UFHB ouvre la 7è édition de l’Ecole doctorale itinérante
L’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) accueille, du 2 au 6 novembre 2026, la septième édition de l’École doctorale itinérante (EDI) en sciences sociales, organisée dans le cadre de la Coopération universitaire « Jeune Recherche Afrique Maghreb » (CUJRAM-2).
Réunissant des universitaires issus de plusieurs organismes, cette rencontre scientifique s’articule autour du thème : « La fabrique de l’objet de recherche en sciences sociales : méthodologies, éthiques et pratiques ». La cérémonie d’ouverture de cet important rendez-vous s’est tenue ce lundi 2 novembre à l’auditorium de l’UFHB, en présence de responsables universitaires et de représentants des institutions partenaires.
Fruit d’un partenariat entre l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC-Tunis), l’Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA-Nigeria), le Centre Jacques Berque (CJB-Rabat) et le Groupement d’intérêt scientifique « Penser Genre -Penser Autrement » (GIS-PGPA) de l’UFHB et l’Université Alassane OUATTARA, elle entend offrir aux doctorants et jeunes chercheurs un cadre de formation, de réflexion et d’échanges autour des pratiques de production des connaissances en sciences humaines et sociales.
Les travaux s’intéressent notamment aux traductions linguistiques, la transformation des matériaux empiriques en corpus théoriques, l’adaptation de pratiques artistiques en outils d’investigation ou encore le passage de la connaissance scientifique à l’expertise. Une attention particulière est accordée aux réalités du continent africain, marquées par la pluralité des régimes de savoir, les contraintes matérielles de la recherche et les rapports parfois inégaux entre institutions du Nord et du Sud.
Pour Dre EHUI Prisca Justine, présidente du comité d’organisation, cette rencontre constitue à la fois un honneur, mais aussi une responsabilité d’offrir une semaine de travail exigeante, dans un climat d’hospitalité et d’écoute.
À en croire Prof. AGNISSAN Assi Aubin, directeur de l’Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD), les chercheurs ne sont pas immunisés contre la charge émotionnelle, et certains discours restent difficiles à entendre, même pour les esprits les plus ouverts.
Le directeur de l’UFR Sciences de l’Homme et de la Société (UFR SHS), Prof. NASSA Dabié Désiré Axel, a salué les perspectives qu’offre cette initiative à la communauté universitaire. « Nous y voyons aussi une chance pour nos étudiants, nos enseignants et nos laboratoires qui pourront suivre de près des échanges de haut niveau scientifique. Je salue les institutions qui portent cette initiative », a-t-il indiqué.
Du côté des institutions partenaires, la directrice de l’IRMC, Dre Myriam CATUSSE, a insisté sur la nécessité de dépasser la simple circulation des personnes et des connaissances pour favoriser de véritables interactions scientifiques afin de créer les conditions de leur rencontre, de leur confrontation et de leur enrichissement mutuel.
Dans le même élan, la directrice de l’IFRA-Nigeria, Dr Pauline GUINARD, a rappelé l’importance des enjeux de traduction dans les pratiques de recherche, notamment dans le questionnaire de terrain et de méthode, le travail de traduction dans la diversité des langues, des registres de discours ou des catégories de pensées.
Représentant la coopération française en Côte d’Ivoire, Nathalie DUPONT, Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle (COCAC) auprès de l’Ambassade de France a relevé le rôle de la ville comme un véritable hub régional dans tous les domaines, y compris le secteur scientifique. À ses yeux, cette école doctorale itinérante constitue un outil structurant pour le développement des échanges Nord-Sud et Sud-Sud.
Le président de l’UFHB, Prof. BALLO Zié, a quant à lui, encouragé les participants à tirer pleinement profit de cette semaine de formation et de partage. « Vous représentez la diversité et l’avenir de la recherche sur le continent. Profitez de cette semaine pour présenter vos travaux, accueillir les critiques avec ouverture et nouer des relations qui dureront bien au-delà de votre séjour. Je formule le vœu que cette semaine soit féconde en échanges, en découvertes et en amitiés scientifiques, et que l’École Doctorale Itinérante laisse à Abidjan, comme dans chaque ville qui l’a accueillie, une trace durable », a-t-il conclu.
Cinq grands axes de formation sont au menu de cette rencontre scientifique : explorer la construction de l’objet de recherche, s’exercer aux différentes formes de traduction, mettre en débat les dimensions éthiques de la recherche, questionner les outils méthodologiques et accompagner le travail doctoral au quotidien.
Des ateliers méthodologiques, des séances d’écriture, des discussions autour des pratiques de terrain et des échanges intergénérationnels entre chercheurs confirmés et jeunes chercheurs permettront d’approfondir ces questions.
