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Lutte contre l’émigration irrégulière

L’UFHB préconise une riposte axée sur la prévention et la protection de la dignité humaine

Comprendre les ressorts de l’émigration irrégulière pour mieux en prévenir les risques, telle est l’ambition qui a guidé les travaux de l’atelier international organisé par le Laboratoire d’Etudes et de Prévention de la Délinquance et des Violences (LEPDV) de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB).

Au terme de deux journées d’échanges interdisciplinaires, les participants ont validé, ce mardi 20 octobre 2026, à l’amphithéâtre de l’UFR Criminologie, une série de recommandations qui privilégient une approche globale du phénomène, articulant prévention, information, protection des personnes vulnérables et accompagnement des migrants de retour. Les participants ont souligné que l’émigration irrégulière ne saurait être appréhendée sous le seul prisme de l’infraction. Elle s’inscrit également dans des trajectoires individuelles façonnées par les aspirations personnelles, les attentes familiales, les contraintes socioéconomiques et la représentation d’un avenir meilleur à l’étranger.
La dernière journée des travaux a été marquée par la conférence d’ANOU Guy Serge, Educateur spécialisé en criminologie et président de l’association Action Nord-Sud. Sa communication, intitulée « De l’idéal migratoire à la réalité de l’accueil : parcours, vulnérabilités et accompagnement des mineurs non accompagnés en France », a prolongé la réflexion sur les risques du parcours migratoire et les besoins spécifiques des personnes vulnérables.

Les échanges ont ainsi rappelé l’importance de considérer les besoins des personnes concernées tout au long de leur parcours, depuis les circonstances du départ jusqu’aux conditions de prise en charge dans le pays d’accueil. La restitution des travaux, suivie de la consolidation et de la validation des recommandations, a constitué l’une des étapes majeures de cette dernière journée. Parmi les principales orientations retenues, figure le renforcement de l’employabilité des jeunes, associé à la promotion de l’entrepreneuriat. Les participants préconisent également une amélioration de l’accès à une information juridique fiable sur les voies légales de migration, la sensibilisation sur les réseaux sociaux et la mobilisation des acteurs religieux, l’accompagnement psychosocial des candidats au départ et des migrants de retour constitue un autre axe important, la réintégration durable des personnes revenues dans leur pays, la lutte contre les réseaux de passeurs et le renforcement de la coordination interministérielle, la nécessité de disposer de données fiables afin de mieux documenter le phénomène et d’éclairer les décisions publiques.

Au cours de la cérémonie de clôture, le Directeur du Laboratoire d’Etudes et de Prévention de la Délinquance et des Violences (LEPDV), Prof. Ismaïla BAKAYOKO, a exprimé sa reconnaissance aux autorités, aux partenaires scientifiques et institutionnels ainsi qu’aux participants pour leur engagement.

Il a salué la mobilisation collective ayant permis d’approfondir la compréhension du phénomène migratoire et de dégager des pistes d’action concrètes. Le directeur de l’UFR Criminologie, Dr (MC) BALLO Yacouba, avoir remercié les initiateurs de l’atelier, notamment le représentant de la marraine, ainsi que les responsables universitaires, les enseignants-chercheurs et les partenaires, a mis en lumière l’importance de cette collaboration pour faire progresser une recherche universitaire attentive aux enjeux de société.

Présidant la cérémonie de clôture, Prof. BALLO Zié, a salué le travail accompli par l’équipe du laboratoire et réaffirmé la vocation sociétale de la recherche universitaire. « Sous votre gouvernance et grâce à votre impulsion, votre UFR continue de s’imposer comme un pilier d’excellence académique et un vecteur de recherche pleinement utile à la société », a-t-il déclaré.

Insistant sur la nécessité de donner une portée concrète aux conclusions de l’atelier, il a appelé les acteurs concernés à s’approprier effectivement les recommandations adoptées. « Il convient d’appliquer rigoureusement les recommandations formulées lors de vos travaux pour préserver des vies humaines et permettre à notre jeunesse de contribuer de manière significative au développement de notre pays et de notre continent », a-t-il conclu.